Numériquement votre

Hertzien pas mort

Ecrit par Michel Combes, le 4 avril 2008  |  Lien permanent

Je suis très surpris par la vigueur avec laquelle sont repris les messages, plus ou moins étayés sur des données statistiques, sur la crise voire la fin de l’hertzien. Passons sur la confusion entre analogique et hertzien : le hertzien est au contraire la première technologie de diffusion du numérique, en audiovisuel comme en télécommunications : le nombre d’abonnements à la téléphonie mobile dépasse désormais le nombre de lignes fixes. Mais revenons sur l’essentiel : non le hertzien n’est pas mort, ni même malade. Il reste le premier moyen de diffusion de la télévision, avec plus de 70 % de pénétration. Ce chiffre remonte –mais quoi de plus normal si l’on veut bien considérer la croissance du nombre de téléviseurs par foyer. En fait, certaines réalités sont soit minorées soit méconnues.

Première réalité : l’hertzien permet vraiment la télévision pour tous partout, c’est-à-dire là où les autres modes de diffusion ne passent pas, soit pour des raisons technologiques (l’adsl) soit pour des raisons économiques (coût du câble et du satellite). Deuxième réalité : les téléspectateurs ne substituent pas un mode de diffusion à un autre. Ils les cumulent et jouent de leur complémentarité. Bref, on ne renonce pas forcément à sa diffusion hertzienne dès que l’on s’est abonné à l’ADSL. En tout cas, nous sommes 25 % à ne pas l’avoir fait. Beaucoup de « boxs » ADSL contiennent d’ailleurs un décodeur TNT.  Partout en Europe, l’hertzien remonte : la France, qui en a toujours fait son vecteur de développement d’une télévision gratuite et égalitaire (la même offre pour tous, partout) ne fait pas exception à la règle !

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